Ce qui caractérise une bonne série d’Héroïc Fantasy se situe autant dans la valeur des personnages mis en scène que dans l’ambiance générale. Pour créer une atmosphère adaptée à ce genre, les auteurs usent finalement d’un certain nombre de codes littéraires et graphiques élaborés selon trois grandes catégories : les lieux, les objets et les pouvoirs. La force du catalogue HF de Soleil tient justement à la grande diversité de ces éléments. Tout en respectant un langage général spécifique, ses séries s’offrent, loin des poncifs, des champs d’action parfois inattendus, occasion pour nous de visiter les coulisses de l’Héroïc Fantasy version Soleil.
Les décors de l’Héroïc Fantasy se réfèrent toujours à des images issues de nos plus vieilles légendes, ces repères culturels communs et chargés de signifiant. La forêt est un lieu privilégié pour l’accomplissement de sagas héroïques (Merlin). Elle abrite souvent des bêtes redoutées (La Geste des Chevaliers Dragons, les univers de Troy) mais reste la représentante la plus sure des forces de la nature (Luuna, Les Forêts d’Opale). La mer symbole du voyage et de la découverte est également une source inépuisable de dangers qu’un grand aventurier seul peut surmonter (Atalante, Les Feux d’Askell). C’est cependant dans les villes que se dessinent les plus funestes destins (Les Maîtres cartographes, les Brumes d’Asceltis, les Princes d’Arclan) car elles abritent évidemment les monstres les plus assoiffés de pouvoir : les hommes.
Qu’une aventure d’HF s’inscrive dans une logique médiévale (Galfalek), mythologique (Ishanti, Cañari) ou même mystique (Paradis perdu), elle doit s’affranchir dans la mesure du possible de tout repère temporel. L’époque importe peu, c’est le sens qui prévaut suivant les préoccupations modernes du lecteur : honneur, justice et amour.
Cinquième théorème :
Un décor d’Héroïc Fantasy est le support symbolique
et intemporel du plus vieux combat
de l’humanité, celui du bien contre le mal.
Du matériel indispensable
Un héros Soleil averti ne saurait se lancer dans la moindre quête sans s’être procuré un équipement à la hauteur de sa tâche. Pour commencer il lui faut une arme. Certes l’épée est très en vogue (Le Chant d’Escalibur, Elixirs…) mais une bonne dague magique (Atalante) ou une hache fidèle (Les Feux d’Askell) tendent aussi à satisfaire leurs possesseurs. Les armes de tirs bien que plus efficaces sont en général réservées lorsqu’elles ne sont pas en bois à des héros futuristes (Slhoka). Les mages se contentent d’un innocent bâton (pas si innocent que ça) ou d’une crosse aux vertus surprenantes. Côté fringues on ne peut pas dire que l’élégance soit le premier souci de nos héros. Ils privilégient l’aspect pratique de leurs tenues (de bonnes bottes, du cuir souple, parfois une cape) à toutes autres considérations d’ordre esthétiques. Pour les femmes s’habiller léger favorise certainement, euh, on ne sait pas trop quoi mais c’est ainsi…
Méfiance tout de même, certains objets ou artéfacts bien qu’indissociables peuvent malheureusement desservir leurs propriétaires (le masque de Marlysa, le gant de Galfalek).
Sixième théorème :
Une bonne épée (ou tout autre objet tranchant, piquant, déchiquetant, etc) vaut souvent mieux qu’un flot
de paroles inutiles.
La nature et la magie
Il existe deux sources essentielles de pouvoir dans l’univers de l’Héroïc Fantasy : la magie et la nature elle-même. La première nécessite une formation. Des écoles de magie (Elixirs) ou parfois des maîtres (Merlin) enseignent donc les secrets élémentaires ou les techniques de maîtrise d’un don (Lanfeust). Les magiciens, mages, enchanteurs ou chamans sont souvent vieux et sages et agissent pour le bien de la communauté (Le Grimoire de féerie) et plus rarement pour le malheur de leurs ennemis (Le Seigneur d’Ombre). L’énorme avantage de la magie sur la technologie c’est l’étendue infinie de son champ d’action. La plus étonnante galerie de sorts absurdes se trouve sans conteste dans les mondes de Troy.
Si la magie est puissante il ne faut cependant pas négliger les forces indomptables de la nature. Ces forces lorsqu’elles ne sont pas sournoisement influencées par des dieux (Atalante) n’obéissent qu’à des lois simples, les lois de mère nature. Malgré quelques accès de violence celle-ci reste pour tout aventurier une amie fidèle pour peu qu’elle soit respectée.
Septième théorème :
Dans l’Héroïc Fantasy on maîtrise
la magie et on respecte la nature.
Le p’tit truc en plus…
Hormis un scénario renouvelé, une série d’Héroïc Fantasy de chez Soleil affiche toujours son originalité à travers l’apparition d’objets ou d’effets totalement inédits. Certaines armes sont par exemple surprenantes (l’épée en kit de Darko dans les Forêts d’Opales ou l’attirail mécanique de Seldnör dans Zorn et Dirna). Un bijou peut se révéler singulier de part sa fonction (le bracelet de Cañari) ou de sa symbolique (la gaïne d’Olivre des Maîtres Cartographes). Certains effets féeriques ne manquent pas de poésie (l’arbre à fées des Brumes d’Asceltis). N’oublions pas certaines curiosités de langage dont les amateurs du genre ne sauraient se passer (le zozotement des banfoos dans les Naufragés d’Ythaq).
Huitième théorème :
C’est dans le souci des détails que l’on construit
les plus originales aventures.
Vers la première partie
Vers la deuxième partie